RENTRÉE… demandez le programme

Le Vendredi 6 septembre, 2013. Pas de commentaires

Pour démarrer l’année scolaire nous profiterons de différentes expositions et de la collection Lambert.

Voici la liste des prochaines sorties prévues :

- Musée Calvet , jeudi 12 septembre pour les 2° Patrimoines

- Collection Lambert, mardi 17 de 11h à 13 (ATTENTION CHANGEMENT HORAIRE DE COURS)  pour les  1° L HIDA

- Collection Lambert, jeudi 26 septembre de 11 à 13h (ATTENTION CHANGEMENT HORAIRE DE COURS) pour les 2° Patrimoines

Retour de l’ECOLE DU SPECTATEUR – 2013

Le Vendredi 6 septembre, 2013. Pas de commentaires

SHEDA, un nom étonnant, une pièce longue et difficile à comprendre mais comme Dieudonné Niangouna (le metteur en scène vu lors d’une rencontre) l’a dit : « l’essentiel n’est pas de comprendre mais d’entendre et voir » alors suivons cette phrase et admirons simplement ce spectacle. Des hommes et des femmes, dès le début, surgissaient d’un peu partout, ces comédiens tout au long nous ont envoyé une force et une énergie hors du commun.

Sur ces 4 heures assis nous en avons passé deux sous la pluie, les orages et les éclairs. Cela peut paraître étrange mais ce temps se fondait parfaitement avec cette création et l’ambiance présente. Avec courage nous sommes restés pour continuer à vivre cette folle aventure, ce qui n’était pas le cas de tout le monde. Mais le fait qu’il y ai moins de personne nous a permis d’être plus « intime » avec les comédiens. Il y a comme un lien qui s’est créé. Ils nous envoyaient cette force et cette énergie et nous leur en envoyons le double. Ils étaient parmi nous, montaient dans les gradins, dansaient avec des spectateurs lorsqu’ils en avaient l’occasion. Ils nous faisaient partager leurs aventures, leur histoire. Nous n’étions plus de simple spectateurs mais des acteurs.

Dès le début on se laisse charmer par les décors et la mise en scène intéressante. Dans cette si grande carrière, l’espace était parfaitement bien travaillé. Les différents reliefs étaient occupés, du sol au sommet de la falaise présente.

Chaque personne perçoit le spectacle à sa manière, elle ressent différentes émotions à des moments parfois similaires. Par exemple le manque de compréhension pouvait en déranger certains tandis que d’autres n’y faisaient pas attention et passaient au-dessus. D’ailleurs pour ma part cette incompréhension était dû au manque de connaissances et de références que je pouvais avoir.

Sinon, parfois, il y avait un surplus de décors et de personnes en action qui pouvait être pesant. Nous ne savions pas tout de suite qui parlait et nous devions donc parcourir la carrière avec plus d’attention et chaque tableau avec plus de profondeur. Nos yeux s’arrêtaient donc sur des détails auxquels nous n’aurions pas fait attention si nous avions su tout de suite qui parlait et où. Personnellement ce point là n’était pas dérangeant (je l’ai au contraire trouvé interessant) . Mais il pouvait l’être à nouveau pour certaines personnes puisque ceci pouvait nous déconcentrer encore plus et nous pouvions donc « décrocher » de ce qu’il se disait, ce qui accentuait notre incompréhension.

En plus du décor, la musique était réussie et réalisée par les comédiens même en « live ». Elle était réalisée de façon originale, en plus d’une basse, d’un saxophone, d’un xylophone, et de percussions les comédiens utilisaient des bouteilles assemblées et soufflaient dedans ou encore faisaient passer du riz d’un saladier à un autre afin de créer un son plutôt doux. C’était donc parfois des musiques étranges mais toutes aussi importantes !

Malgré les quelques difficultés évoquées, chaque tableau était intriguant, interessant et tout à fait différent ! Nous avons vécu ce soir là une aventure étonnante et unique en son genre, une expérience qui permet d’apprendre et d’évoluer dans ce monde si fou regorgeant d’histoires incroyables !

Tessie Hude

PLACE DU MARCHÉ 76.

« Mais pourquoi ! » « Mais parce que ! » « Mais pourquoi ! »

« Mais parce que » « Mais pourquoi ! » « Mais ta gueule ! »

Que dire de cette piéce de Jan Lauwers chef de la fanfare Needcompany ? Le challenge est grand : de nombreux sujets graves et parfois tabous vont être mentionnés dans un spectacle ouvert à tout public et qui passera à tout moment du français à l’anglais pour un énorme choc culturel.

Et bien beaucoup, il y a justement tellement de choses que l’on ne sait pas par où commencer. Et bien peut être tout simplement en introduisant le contexte ou plutôt l’ambiance dans laquelle se déroule la piéce : L’histoire se passe sur toute une année, avec les quatre saisons qui rythment la piéce. On prend d’ailleurs un grand plaisir à entendre le nom des actes et scènes ainsi que certaines didascalies dites par Jan Lauwers, présent sur scène, sous le pseudonyme de « Sergent Pepper ». Cette piéce raconte l’histoire d’un petit village endeuillé par un horrible drame. L’explosion tragique d’une bombonne de gaz sur la place du marché faisant de nombreuses victimes dont de nombreux enfants. On ne peut donc le nier, cette histoire a bien sa place dans le registre des histoires noires bien qu’elle soit magnifiquement jouée par la troupe pleine de vie de la Needcompany. Car un évènement inattendu survient lors de la « fête » des 1 an de l’accident, un bateau tombe du ciel et donne le coup d’envoi  d’un foisonnement d’images, de chants et de musiques dans la vie triste des villageois. Vous l’aurez sans doute compris, par cette coupure plus que soudaine, cette piéce se déroule dans un univers complétement décalé. Dans Place du marché 76 de nombreux tabous tel que l’inceste, le viol, la mort, l’enlèvement, le deuil, la pédophilie, le suicide, le meurtre ainsi que l’adultère et la sexualité sont abordés. Autant de sujet présent au sein de cette communauté ardente dans laquelle survivent l’amour débordant, la joie et le bonheur. De nombreux tabous mais qui sont abordés sans pour autant être choquant, ou presque, dans cet univers décalé. Chaque personnage a une personnalité différente des autres et haute en couleurs. On s’attache assez vite à chacun, avec qui on lie une certaine complicité. De plus ici ce n’est pas parce que l’un d’eux décède qu’il ne fait plus partie de la piéce, loin de là. Il sera toujours présent et même bien présent mais cependant sous une forme différente de la première. Jan Lauwers présente l’histoire de la délivrance d’une communauté. Le marché et sa fontaine ont toujours été le point de départ et d’arrivée de manifestations, l’expression de la volonté du citoyen. C’est l’endroit de la prise de parole en public, tout ce qui concerne la communauté se passe sur cette place du marché et devient universelle. Car ce qui se passe sur la place du marché concerne la communauté. Avec cet épique spectacle Lauwers semble offrir aux citoyens une sorte de thérapie de groupe visant à les faire passer du pesant souvenir de ce tragique accident au bonheur total pour presque tous les personnages.

Rémy Grandcolas

Bouteille, gaz, explosion… Et, peut-être s’en doutait-on, le début de la fin pour un village. Deuil.

Près d’un an et la douleur… Toujours là. Mémoire, commémoration, car on ne doit jamais oublier ceux qui ne sont plus là. Les vivants, on les oublie un peu, leur douleur est toujours plus visible qu’eux, c’est pour cela qu’ils commémorent aussi, c’est pour ça qu’en cette soirée nous les retrouvons sur la place du marché. Un drame, des morts, des pleurs, laissez cela mijoter pendant toute une année, et voilà le début de la pièce Place du Marché 76 de Jan Lauwers, qui pendant plus de deux heures va nous montrer la tentative de reconstruction d’un village qui survit tant bien que mal habité par l’esprit des âmes perdues. Deux heures pour nous retracer ce noir récit, deux heures pendant lesquelles trois actes, comme les saisons se succèdent : été, automne, hiver. Preuve que la peine est présente à tout moment, même si la neige hivernale recouvre le paysage.

Les paroles et les pleurs s’entremêlent sur le rebord de la fontaine, pour tous ceux qui sont partis il y a un an, et pour celui qui a sauté il y a une heure, aussi jeune que tous les autres, pauvre enfant. Décidément la nature semble être opposée à créer un avenir dans ce village… Paroles, pleurs, peine, et c’est une mélodie funèbre qui se fait entendre comme le bruit du vent emmenant une mortelle tornade. Et après les pleurs la… Fête ? Eh bien, oui. Fête, un verre de trop, une gamine enlevée, le tout débouchant sur un nouveau malheur qui offre au public une scène d’abus sexuel sur grand écran aussi crûe que réaliste, notamment grâce au jeu d’acteur d’Alfred le plombier et aux cris de Pauline qui tordait le coeur de chaque spectateur. Les journées se succèdent, le village tient son souffle tandis que la jeune fille résiste. 1… 2… 3… 30… 73… 74… 75… 76. Un 7 à côté d’un 6. C’est si court à écrire mais il doit être si difficile de résister aussi longtemps… 76. Deux chiffres de malheur qui symbolisent plus de deux mois d’enfermement sous les pieds de ceux qui la cherchaient, qui signifient aussi la fin d’un calvaire pour Pauline…

Mais le début de la seconde fin pour ce maudit village. Retour de l’enfant et départ de la mère sont simultanés, situation tragique. Retour à la vie pour la première, recherche de la mort pour l’autre, sans aucun croisement possible. Les retrouvailles impossibles entre la mère et la fille. C’était sûrement là le premier événement pervers auquel nous avons réellement assisté dans ce village. Une chose était sûre : ce n’était pas le dernier, loin de là. Toutes les relations qui lient les personnages les uns aux autres dans cette pièce semblent avec du recul prendre une tournure malsaine. Si malsaines qu’elles tentent de justifier les actes les plus horribles de chaque personnage, comme si l’affection pour une personne pouvait vous absoudre d’en avoir tué vingt autres. Narrée ainsi, Place du marché 76 semblerait être l’oeuvre la plus noire du festival, c’était sans compter sur les interventions ponctuées d’un narrateur et parfois même des acteurs eux-mêmes qui arrêtent l’histoire à tout moment pour parler et parfois même nous livrer de drôles de répliques qui font de cette pièce une agréable comédie.

Mais quand on y pense, rire devant le malheur, n’est-ce pas malsain, ou peut-on considérer cela comme une thérapie ? Je n’ai pas la réponse, toujours est-il que beaucoup de gens sont sortis en retenant principalement l’aspect comique et non la tragédie qu’ils ont vu. Pourtant tragédie il y avait : la mort était omniprésente, elle planait telle une ombre sur les quelques habitants, squelettes brisés d’un village meurtri qui ne pouvait que vivre avec. Les sujets tabous s’accumulent, du viol au suicide, de l’inceste à la mort, de l’adultère à la prostitution, et les larmes et le sang qui ont coulé auraient pu remplir à eux seuls la fontaine de la place. Ils l’ont fait, telle une métaphore, souvenez-vous de la couleur de l’eau de la fontaine… Rouge. Rouge comme le sang, rouge comme l’amour… Une preuve de plus que les relations malsaines entraînent les pires catastrophes.

Après trop de souffrances la pièce se ferme sur une note positive qui est la naissance, enfin, d’un nouvel enfant dans ce village et l’arrivée symbolique du printemps, symbole de renouveau. On peut penser que les habitants restants vont tenter de partir sur de nouvelles bases, à la fin de la pièce un grand nombre d’entre eux arbore un costume orange de balayeur, qu’ils ne semblent porter qu’après avoir trouvé la paix avec leurs morts et avec eux-mêmes.

Au final on retiendra une pièce moralisatrice capable d’exhiber tous les tabous sur un ton décalé, le tout mené par des acteurs qui semblaient presque habités par leurs personnages et qui nous ont tenu en haleine toute une soirée sur la place du marché.

Soline

PAR LES VILLAGES

Par delà les villages. Il est où le voyage? C’est un conte. Tragédie grecque. Je crois. M’a fait bousculer. Tu te mets (et tu n’as pas le choix) à la place de celui dont on nous refuse et on refuse la place. Les charpentiers. Les ouvriers. Les gros bras, les bourreaux. Même case que les camionneurs dans la société. Le texte se place là ou plutôt ailleurs. Par delà les villages, les chemins, les montagnes, les rivières, les vents, les bêtes, les immeubles, les dunes de sable façonnées par la main et la pelle. En enfer ? Peut être en enfer. Là où on imagine même pas, et non pour faute de manque de bouillonnement, mais on n’imagine pas parce que l’on se le refuse. C’est la part « non attrayante » des choses négatives. Va savoir pourquoi le meurtre, le viol et le bidon d’essence et l’allumette sur une gamine en banlieue va omnubiler l’attention totale du spectateur. Pas le temps de penser aux gens qui ne se plaignent pas. Mais alors ne parlons pas non plus des super héros. Héros tout court ! Lui, avec sa pelle, sa cabane, barrique bleue-de-travail, c’est aussi un héros ! Bâti tout. Braves types quand même. Oubliés de la reconnaissance. Accablés de haine humiliante et injuste.

Zoé Guillemaud


4H de monologues. C’est ce que nous avons pu voir. Ou plutôt entendre. L’histoire d’une famille qui se détériore. Le retour d’un des membres de la famille qui perturbe tout.

Nous assistons à la décomposition d’une reconstruction. Le fils voulant tout remettre d’aplomb. Faire un peu d’ordre. Le texte de Peter Handke fût très compliqué. Peut-être un peu trop pour moi. La fatigue, le vent, le froid entraîne forcément un problème de

concentration. On essaye de tenir mais les paupières sont contre nous et réclament le manque de sommeil que nous avons accumulé.

Ce spectacle devait être écouté. Simplement entendu. La sobriété du décor nous obligeait à se concentrer sur la seule chose que l’on pouvait attraper : le texte. Stanislas Nordey, le metteur en scène nous dit clairement que pour lui le théâtre c’est « un acteur, un texte ». Retour aux sources.

Le moment le plus marquant à sans doute était pour moi le très long monologue de fin récité par la comédienne Jeanne Balibar. Je me permets de dire « récité » car c’est vraiment ce que j’ai ressenti en écoutant cela. Aucune émotion, mots lâchés dans le vide, dans le vent, la récitation d’une longue poésie. À ce moment-là il ne nous reste plus qu’une chose à faire : lâcher la compréhension de ces mots et entendre la douce sonorité de ces syllabes si justement alignées. Le chant des mots, des phrases. La beauté de la langue française retrouvée. La mélodie des tonalités alphabétiques. Si je n’avais pas fermé les yeux pour entendre ça, je pense que j’aurais vraiment détesté. Mais je n’ai pas trouvé ce spectacle aussi désagréable que ça. J’aime la simplicité , et le retour au texte que nous « inflige » Nordey n’était peut-être pas si mal après tout.

Annouck Parrado

ECOLE DU SPECTATEUR 2013

L’édition 2013 de l’école du spectateur s’est achevée sur la visite de la ministre de la culture, Aurélie Filippetti, venue voir les Céméa et profitant de l’occasion pour découvrir le travail du lycée Mistral. Au delà de l’aspect symbolique de cette rencontre, cette dernière aura permis d’initier un nouveau type de travail durant cette semaine de spectacles. En effet, les temps de travail au lycée étaient généralement consacrés à partager ses ressentis sur le spectacle et à en débattre ou à  produire une trace écrite. Or un nouvel exercice est apparu cette année en raison de la venue ministérielle, qui consistait à reprendre un extrait d’un texte vu en spectacle pour se l’approprier. L’extrait fut choisi dans la pièce Par les villages, de Peter Handke, mis en scène dans la cour d’honneur du Palais des Papes par Stanislas Nordey.

L’extrait travaillé est l’avant dernier monologue. Prononcé par le personnage de Hans, interprété par S. Nordey lui-même, il devait initialement clore la pièce, qui se terminait ainsi sur les mots «Que l’humanité est abandonnée. Que l’humanité est abandonnée.» Stanislas Nordey a choisi d’insister dans sa mise en scène sur la notion de monologue, les acteurs se tenant très souvent face au public sans interagir avec les autres acteurs. Nous avons au contraire décidé d’insister sur la dimension chorale du texte, les phrases pouvant être dites par un ou plusieurs élèves, simultanément ou non. Le texte va donc être mis en valeur différement, certains mots ou phrases étant repétés ou accentués. On retrouve tout de même la dimension de monologue du travail de S.Nordey, chaque élève devant annoncer son texte sans se laisser perturber par les autres. On retrouve la notion d’écoute essentielle chez S.Nordey, puisque l’acteur parlant est très souvent accompagné au plateau par un autre acteur qui l’écoute passivement.

Un travail sur le mouvement et l’appropriation a été amorcé grâce au professeur de danse, M. Bresson. Dans la cour d’honneur les acteurs bougeaient peu et l’immense plateau n’était pas véritablement exploité. Dans l’espace beaucoup plus réduit du foyer du lycée, nous devions nous approprier le lieu et chercher une position qui mette le corps en tension. D’autres directives ont ensuite été données, comme effectuer un mouvement à la fin de chaque phrase ou changer de place à chaque fois que l’exercice reprenait du début.

Cet exercice de réappropriation du texte nous a permis d’effleurer certaines difficultés de mise en scène. La plupart des élèves ont en effet trouvé la mise en scène de S.Nordey lourde et ennuyeuse. Mais après avoir plusieurs fois repété le texte et donc en le comprenant de mieux en mieux, nous en faisions une interprétation de plus en plus lourde. Nous avons donc pu nous rendre à la fois compte de la beauté et de la puissance du texte mais aussi de sa gravité et donc des conséquences que cela peut avoir sur la mise en scène ou le jeu des acteurs. Le temps d’autocritique était aussi intéressant car il nous oblige à faire nous même une évaluation de notre travail et permet de confronter plusieurs points de vue et de faire émerger de nouvelles idées.

Ce temps de pratique est selon moi à poursuivre les années à venir car il permet d’appronfondir la réflexion sur les problèmes de mise en scène. Nous sommes confrontés, dans une moindre mesure,  aux même problèmes qu’un metteur en scène et nous devons faire preuve d’inventivité pour les résoudre. De même, si les élèves de l’option théâtre sont habitués à ces situations de mise en forme scénique d’un texte, les élèves de autres sections ne le sont pas forcément. Certaines sections, comme celle d’histoire des arts, n’ont même aucune pratique artistique durant l’année scolaire et l’école du spectateur peut être un endroit privilégié pour nous faire découvrir, même brièvement, d’autres activités.

Marion Paupert

PLACE DU MARCHÉ / FAUST I + II

« Je vois tout le monde ressortir avec un grand sourire, mais même s’il ne m’a pas déplu, ce spectacle ne m’a pas fait rire » me dit une personne qui, en sortant de Place du marché 76, me confiait qu’elle avait été choquée par la violence des actes qui y étaient évoqués. Ce qui me frappa en entendant son ressenti fut plutôt de ne pas avoir éprouvé de forte réaction émotionnelle face à de telles scènes : l’espace d’un instant j’avais presque oublié qu’un viol avait été représenté durant ce spectacle. Mon sentiment d’identification envers les personnages avait été si faible que même face à l’évocation d’une réalité si poignante, je n’avais éprouvé que très peu de réactions. Pas de sentiment de pitié ou de terreur envers les personnages, en somme pas de réaction typique d’un spectateur de théâtre dramatique aristotélicien, résumée ainsi par Brecht : « Je pleure avec celui qui pleure, je ris avec celui qui rit ». Une certaine distance nous séparait du drame et des personnages, une distance volontairement créée grâce à un certain art du décalage, un humour mordant à souhait et un délicieux aspect comédie musicale.

Si elle nous empêchait de nous apitoyer de façon sincère sur le sort des personnages, elle nous laissait néanmoins ressentir combien le rire, qui était pourtant très présent tout au long de la pièce, pouvait paraître déplacé dans ce genre de situation : elle accentuait ainsi le côté ironiquement dramatique du spectacle, en nous dépeignant le monde dans un état si critique qu’il peut rire de ces terribles réalités. Dès lors, notre position se rapproche plus de celle d’un spectateur du théâtre épique, le théâtre prôné par Brecht, où « Je ris de celui qui pleure, je pleure sur celui qui rit » . Ce processus de distance irait donc dans le sens de la démarche de Jan Lauwers, qui déclare avoir commencé ce spectacle alors qu’il était « fâché, irrité par l’état actuel du monde qui (l)’entour(ait) » : il nous invite quelque part à prendre conscience de la gravité de la situation actuelle.

Cependant, malgré l’ancrage de cette pièce dans une dimension quelque peu socio-politique et son recours à une certaine distanciation, le théâtre de Lauwers ne coïncide pas avec le théâtre épique brechtien. En effet, il reste un théâtre où « tout se comprend tout seul », et où le texte, la narration et l’organisation de la pièce ne demandent pas toujours au spectateur d’être actif en réfléchissant à ce qu’il voit, mais au contraire l’amènent souvent à être plongé dans l’action et dans l’histoire. C’est à l’inverse cet aspect de la distance qui est travaillé dans le Faust I + II de Nicolas Stemann : le metteur en scène lui-même déclare s’être inspiré de Brecht pour ce qui est de ses multiples interventions en début de partie, où il explique de façon proleptique ce qui va se passer. Grâce à l’utilisation d’un tel procédé, les spectateurs sont amenés à « se concentrer sur la façon dont cela se passe et réfléchir, sans avoir l’impression d’être dépassé par une culture qui lui échappe » selon N.Stemann, c’est-à-dire à prendre de la distance pendant la représentation afin que leur esprit critique puisse s’exercer.

Au cours de ce spectacle, on retrouve également à de multiples reprises cette volonté brechtienne de casser l’illusion réaliste : on pousse le public à prendre du recul grâce à un récitant qui commente l’action, à des vidéos projetées apportant souvent des analyses et des commentaires sur l’oeuvre de Goethe, à un changement de décors apparent… Une certaine interprétation de la pièce de Goethe est également proposée grâce à l’incarnation par un seul et même acteur de plusieurs rôles différents : elle implique des relations de doubles, en particulier entre Faust, Marguerite et Méphistophélès, et plus largement semble suggérer l’universalité d’un tel pacte avec le diable.

Le metteur en scène parvient donc à s’approprier ces processus de distanciation et de dénonciation de l’illusion théâtrale de façon à améliorer la compréhension et la réception de la pièce, sans pour autant tomber dans l’excès de telles pratiques, qui interviennent de façon ponctuelle dans le spectacle. En effet, si de tels procédés sont souvent utilisés, de nombreux moments de la pièce restent en revanche uniquement centrés sur l’action et plongent le spectateur au coeur de l’histoire de Faust. Si dans la première partie ces moments prennent place dans une certaine intimité avec le texte, ils contribuent également au divertissement du spectateur dans le reste du spectacle, avec une présence renforcée des décors, des costumes, des accessoires et des marionnettes en particulier. C’est donc une véritable performance que propose ce Faust intégral de Stemann : il jongle avec succès avec différents procédés artistiques et différents types d’ambiances. Les huit heures et demie de spectacle s’écoulent d’elles-mêmes, sans que l’on semble même s’en apercevoir.

Alice Alcaras

ECOLE DU SPECTATEUR 2013

Le Jeudi 27 juin, 2013. Pas de commentaires

Voici le programme en attendant la feuille de route qui ne va pas tarder.

lundi 8 juillet : Shéda de Dieudonné Niangouna à 21 h (tout le monde) à la carrière de Boulbon. Durée : 4h


mardi 9 juillet :

  • Qaddish de Qudus Onikeku 17h (pour les élèves d’HIDA) à Benoît XII. Durée : 1h
  • Place du marché 76 (tout le monde) de Jan Lauwers au cloître des Carmes à 22 h Durée : 2h20

mercredi 10 juillet :

Par les Villages de Stanislas Nordey à la cour d’honneur à 21h (tout le monde). Durée  3h30


jeudi 11 juillet :

Faust I et II de Nicolas Stemann à 15h 30 à la Fabrica ( tout le monde). durée 8h30


vendredi 12 juillet :

  • Logobi 05 de Gintersdorfer/Klassen à 15h au gymnase du lycée Saint Joseph ( 15 personnes) . durée : 1h

  • ou  Regards de Severine Fontaine à La Chartreuse  à 16 h (15 personnes). Durée : 1h15

SORTIE À PARIS pour les élèves de 1°

Le Jeudi 27 juin, 2013. Pas de commentaires

Jeudi 23 mai départ à 6h !! mais quel programme :

matinée au musée d’Orsay , déjeuner aux Tuileries, petit détour au Louvre avant grand détour par les collections permanentes de Beaubourg. Vous allez pouvoir voir « pour de vrai » toutes les projections vues cette année.

à vos appareils photos et carnets de voyage

SORTIE ARLES POUR LES 2° PATRIMOINES

Le Jeudi 27 juin, 2013. Pas de commentaires

ça y est le projet mené dans le cadre « Découverte des métiers du patrimoine », se termine. Vendredi 3 mai,  les élèves de Patrimoines présenteront la réalisation faite avec Michel Gasarian à l’École d’Avignon (centre de ressources sur le batî ancien). Puis la journée se poursuivra au musée de l’Arles antique pour admirer les oeuvres de RODIN.

En suivant ce lien vous découvrirez p. 18 et 19 le projet des élèves du lycée : 2012_2013-publication.pdf

« Bonjour,

nous venons du lycée Frédéric Mistral d’Avignon et nous faisons parti de l’option Patrimoines. Nous avons exploré plusieurs métiers dont celui de photographe, de peintre de décor en patrimoine et d’archiviste.

Par quoi débuter ? Notre projet? qui est issu de l’école d’Avignon. Cette école est spécialisée dans la rénovation du batiment ancien. On y apprend les techniques de l’art : peinture à la chaux, trompe l’oeil de faux marbre ou faux bois, tempéra…

Dans ce vieux batiment, poussiéreux, froid, humide et silencieux cependant accueillant, mystérieux nous nous sommes bien amusés. Dans la chapelle nous avons badigeonné de chaux les murs et les blouses. Sur le badigeon nous avons fait une frise qui nous a pris la tête.

Par la suite Michel Gasaria, photographe gentil, minutieux et attentif est venu à notre rencontre. Il nous a présenté le projet : racontez une histoire par l’intermédiaire d’une ou plusieurs photos avec l’école d’Avignon pour seul décor.

Chacune de nos photos présente donc une histoire réelle ou fictive.

Drole, mystérieuse, paradoxale, ironique… à vous de voir. »

CONCERT CAGE, What about the noise of… JOHN CAGE

Le Jeudi 27 juin, 2013. Pas de commentaires

Le jeudi 11 Avril, Lê Quan Ninh et Loïc Guenin sont venus passer plusieurs heures en notre compagnie afin de nous faire découvrir l’art assez particulier de John Cage. Dans un premier temps, nous avons eu l’opportunité de faire un atelier. A l’aide de partitions (vêtues simplement de quelques petits points, de parenthèses ouvertes et fermées qui signifiaient l’entrée et la sortie d’un son) nous jouions des percussions données : instrument 1 et instrument 2 souvent composé pour l’un de fer pour l’autre de bois, tandis que des éléments de la nature nous entouraient (branches d’arbres, bassine d’eau). Tout servait à créer de la musique. Nous avons interprété un morceau. Au fur et à mesure nous écoutions davantage nos camarades sans pour autant les imiter. Nous étions seuls face à nos partitions…mais pas seulement. Les bruits des gouttes d’eau, des feuillages, du papier, les bruits courants prenaient une autre dimension.

Lors de cette rencontre, nous avons pu constater que L.Q.Ninh, qui travaille sur l’œuvre de John Cage depuis 30 ans semble toujours aussi passionné par cet artiste et malgré le nombre des années qui sont passées il ne s’en lasse pas. Il nous a fait un discours sur John Cage, il semblait tellement imprégné par son sujet qu’il était impossible de ne pas l’écouter. Il nous a raconté un peu la vie de cet artiste. Nous avons ainsi appris que John Cage fut l’élève de Schönberg, compositeur de musique contemporaine expérimentale. Il est notamment connu pour 4′33. Cependant il est aussi célèbre pour le piano préparé. En réalité cette idée lui est venue d’Henry Cowell car J.Cage était dans l’incapacité de déplacer ses instruments de percussions destinés à une chorégraphie. John Cage fut aussi marqué par les traditions asiatiques. Cette inspiration jouera tout au long de sa carrière marquant son œuvre par le hasard.

Après une courte pause, nous avons enfin assisté à un phénomène étrange pour nos oreilles, le concert ! Alors que l’on s’attendait à quelques choses de mélodique nous avons eu le droit à une expérience digne de John Cage. Les deux musiciens se sont déplacés de part et d’autre de la salle, nous faisant parfois crispés les lèvres face aux sons émis. Parfois une pause se faisait pendant laquelle on découvrait des interviews de J.Cage. Ces deux musiciens nous ont fait découvrir des sons dont on n’ignorait presque l’existence, ils soutiraient d’éléments communs des sons étranges. Je relevais souvent la tête afin de découvrir d’où provenait le son que j’entendais. C’était étrange, pas vraiment à mon goût, mais cela nous a permis de découvrir pleinement une musicalité différente de la normalité, quelque chose qui sort de l’ordinaire et qui mérite d’être entendu, au moins une fois dans sa vie.

Océane C. et Camille H.D.

SORTIE OPÉRA D’AVIGNON, pour les élèves de 1° HIDA et d’Hypokhagne

Le Jeudi 27 juin, 2013. Pas de commentaires

Mardi 9 avril notre classe d’histoire des arts, ainsi que les élèves d’Hypokhagne, a assisté à la visite de l’opéra d’Avignon.

Lorsque nous sommes arrivés dans la salle beaucoup d’hommes étaient en train de préparer le décor pour la représentation de la soirée du Barbier de Séville de Rossini (je n’avais bêtement jamais pensé à toute la préparation et la main d’œuvre que nécessite un décor!!). Bref, la dame qui allait nous guider était Sylvie Rogier, elle nous a expliqué son métier : responsable animation à l’opéra d’Avignon. Sa mission est de faire découvrir l’opéra à TOUS les publics. Par la suite elle vint à parler du bâtiment. Le tout premier théâtre d’Avignon date de 1790 il se trouvait place Crillon. Mais c’est en 1816 que l’on décide d’en construire un nouveau “à l’italienne” avec des balcons normalement égaux (même si aujourd’hui ce n’est pas le cas) et des baignoires réservées depuis toujours aux personnalités. La construction sera achevée en 1825. A l’époque le parterre était en terre battue et on y accueillait le peuple très bruyant, puisque l’opéra était avant tout un lieu social. Puis il y eut un bouleversement dans les « étages » : les bourgeois s’installèrent en bas tandis qu’on mit le peuple au plus haut dans le poulailler ((ou le paradis). Malheureusement  en 1846 un incendie détruisit totalement l’opéra. Beaucoup d’argent est investi dans la reconstruction. En 1970 l’opéra subira de nouveaux travaux qui permettront d’augmenter la jauge des spectateurs.

Alix L.

Collection Lambert, MIRAGES D’ORIENT, GRENADES ET FIGUES DE BARBARIE

Le Jeudi 27 juin, 2013. Pas de commentaires

sorties pour les 1° et Ter.

rendez-vous jeudi 28 mars, attention changement horaire de cours pour les 1° ( de 11h à 13h)

travail dans la collection avec les Ter le 4 avril

Rencontres entre Sébastien Giorgis et les options facultatives d’HIDA

Le Jeudi 27 juin, 2013. Pas de commentaires

Mardi 19 mars Sébastien Giorgis viendra rencontrer les élèves de l’option facultative d’histoire des arts afin de présenter son métier : architecte – paysagiste ainsi que différentes réalisations. Vous pouvez retrouver un certain nombre d’entre elles en suivant cette adresse : 1-sebastien_giorgis.html.

Mardi 2 avril, nous retrouverons Sébastien Giorgis mais cette fois-ci pour une ballade à vélo qui nous permettra de découvrir l’évolution urbaine d’Avignon sur les pas de son éco-quartier.

VOYAGE À BERLIN 2013

Le Mercredi 6 février, 2013. Pas de commentaires

POUR LES TERMINALES L option Histoire des arts et Théâtre

Vendredi c’est le grand départ. Préparez vos affaires les plus chaudes et de bonnes chaussures… une ville se comprend avec ses pieds !!!

Voici le programme de ces trois jours

DI­MAN­CHE 10 FE­VRIER

10h. visite des ar­chi­ves du Bau­haus

dans la ville : Pots­da­mer ­Platz

14h. visite collection permanente de la Neue Na­tio­nal Ga­le­rie

dans la ville : le Kultur Fo­rum, monu­ment à l’Ho­lo­causte

LUN­DI 11 FÉ­VRIER

9h30 : vi­site gui­dée du Phi­lhar­mo­ni­que de Ber­lin

12h : visite de la Ga­le­rie ber­li­noise


15h30 : visite du mu­sée juif

dans la ville : Tiergar­ten, Porte de Bran­de­bourg, Un­ter der Lin­den

Soirée : vi­site de la cou­pole du Reichstag


MAR­DI 12 FÉ­VRIER

10h. visite de la collection permanente d’Ham­bur­ger­ban­hof

dans la ville : quar­tier Est de Ber­lin  : Alexan­der­platz, Karl Max ave­nue

puis L’ile aux Mu­sées

15h : visite de l’Alte  Nationalgalerie


20h30 : théâ­tre à la  Schaubühne, Marat-Sade par Peter Weiss

http://schaubuehne.de/en_EN/program/repertoire/881236